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Deux nymphes au lac de Bienne

15 sept.
3 min de lecture

Il était une fois sur la rive gauche du lac de Bienne en Suisse romande.


Deux nymphes se rencontrèrent à La Neuveville sur la promenade plantée d'acacias centenaires en pleine floraison.


Maria avait cette autodérision altière qui lui servait de pudeur.

De plus, elle avait conservé cet indispensable soupçon d'inachevé qui donne son véritable éclat au fini.

Maria avait un équilibre complet, un courage fou, moral et physique.


Quant à Lysiane, elle avait un fond inaltérable de bonté.

Eprise de justice, sa discrétion était le critère absolu du bon goût.

Dans son regard silencieux et plein de lumière, l'on devinait une grande tendresse.


Chaque couleur était mélodie lorsqu'elles échangèrent un regard, puis, comme un ballet bien réglé, ensemble elles se tournèrent vers la presqu'île Saint-Pierre.

Sans hésiter, elles décidèrent de prendre le bateau pour se rendre sur les pas de Jean-Jacques Rousseau, l'auteur des Rêveries du promeneur solitaire.


Le bateau voguait sur les eaux couleur céladon du lac de Bienne, et la brise câline revenait avec sa chanson estivale.

Les deux nymphes Maria et Lysiane entraient au cœur d'une nature en majesté.

Le passage d'un cormoran leur dévoila l'enivrant parfum des rives odorantes.

Toutes deux partaient, aventureuses de l'âme, sans se soucier de tant de freins imposés par une société corsetée.

Elles accédaient à la beauté de la poésie, celle qui chante ce qui est infiniment plus élevé que la réalité.

Nimbées de vibrations spirituelles, Maria et Lysiane entraient, par la porte de la rêverie, dans la demeure du vent.

Puis vinrent les aveux de la source.

Une invisible présence glissait sur les rides bienfaisantes du lac.

Sur la presqu'île s'allumaient les légendes.

Flâneur des deux rives, le visage de Jean-Jacques Rousseau rejoignait l'horizon.


Le bateau accostait.

Les couleurs s'enfuyaient.

Une vertigineuse aventure s'achevait où l'important restait l'épaisseur d'un silence.

                                                         

R S, mardi 28 juillet 2026



VISUEL : Deux nymphes à la grappe de raisin sur les rives du lac de Bienne.


SOURCES : 


* Le lac de Bienne se situe dans le canton de Berne en Suisse romande.

    D'une superficie de 40 km carrés pour une longueur de 15 km et une largeur de 4 km - altitude 429 m.


*La Neuveville est une cité vigneronne de caractère sur le lac de Bienne.

Le vignoble englobe environ 220 hectares. Les cépages classiques (Chasselas et Pinot noir) restent les porte-bannières de la région du lac de Bienne.

Ces vins sont issus pour la plupart d'un cépage unique. Les assemblages sont très rares.

Les grappes de Pinot noir, immédiatement pressés, donnent des spécialités de rosé, comme le Blanc de noir et l'Oeil-de-Perdrix à l'élégante robe saumonée ; son cépage unique exprime tout en délicatesse les fragrances de baies rouges et noires. Ses tanins discrets lui apportent tonicité et finesse.


*Jean-Jacques Rousseau, écrivain et philosophe (1712-1778)

Après le temps des Confessions vient celui des Rêveries, où Jean-Jacques Rousseau retrouve la plénitude de soi.

Cinquième promenade : 

" De toutes les habitations où j'ai demeuré (et j'en ai eu de charmantes), aucune ne m'a rendu si véritablement heureux et ne m'a laissé de si tendres regrets que l'île de Saint-Pierre au milieu du lac de Bienne.

... On ne m'a laissé passer guère que deux mois dans cette île, mais j'y aurais passé deux ans, deux siècles, et toute l'éternité sans m'y ennuyer un moment. "

           

Extrait des Rêveries du promeneur solitaire publié chez Flammarion.

 
 
 

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